Le crédit d’impôt couvre 50 % des dépenses de services à la personne, dans la limite de 12 000 € par an et par foyer fiscal : un gain maximal de 6 000 €. Ménage, garde d’enfants, aide aux personnes âgées ou soutien scolaire passent ainsi à moitié prix pour près de 5 millions de ménages, imposables ou non. Le dispositif coûte pourtant près de 7 milliards d’euros à l’État en 2026. Reste à savoir ce qu’il rapporte vraiment, et combien de temps ses règles tiendront.
Quel gain concret avec le crédit d’impôt sur les services à la personne ?
Le crédit d’impôt égale 50 % des sommes réellement payées, une fois déduites les aides publiques éventuellement perçues pour les mêmes services. Le plafond de 12 000 € grimpe de 1 500 € par enfant à charge ou par personne de plus de 65 ans dans le foyer, sans jamais dépasser 15 000 €, soit 7 500 € de crédit. La première année d’emploi direct d’un salarié, les seuils passent à 15 000 € et 18 000 €. Un foyer comptant une personne en situation de handicap monte jusqu’à 20 000 €. Le droit s’ouvre autant par l’emploi direct d’un salarié, via le Cesu, que par un organisme agréé, et le champ couvre l’entretien de la maison, la garde d’enfants, le soutien scolaire, l’assistance aux personnes handicapées, la préparation ou la livraison de repas et le petit jardinage.
Une famille qui consacre 3 000 € par an au ménage à domicile récupère 1 500 €, même sans payer d’impôt sur le revenu : le crédit est remboursable, et l’État verse l’écart quand son montant dépasse l’impôt dû. Prenez un foyer de deux enfants, plafonné à 15 000 €. Pour 14 000 € dépensés, le crédit atteint 7 000 € ; avec 4 000 € d’impôt, l’administration rembourse les 3 000 € restants. Jardinage et assistance informatique obéissent à des sous-plafonds de 5 000 € et 3 000 €, inclus dans l’enveloppe globale.
L’avance immédiate change-t-elle le budget du mois ?
Oui, car elle supprime l’avance de trésorerie. Depuis 2022, l’Urssaf propose un service gratuit et optionnel : le ménage ne règle que 50 % de la prestation, l’Urssaf complète auprès de l’organisme ou du salarié. Les particuliers employeurs y accèdent par le Cesu, et depuis le 14 juin 2022 les clients d’organismes agissant en prestataire ou en mandataire. Sans l’avance immédiate, la facture se paie en entier, puis le remboursement se fait attendre. En janvier 2026, l’administration fiscale a versé 60 % du crédit estimé aux foyers concernés, de 8 € au minimum à 9 000 € au plus ; le solde tombe entre fin juillet et mi-septembre, avec l’avis d’impôt. Sur 4 000 € dépensés dans l’année, le crédit atteint 2 000 €, et peu de budgets serrés les avancent sans mal. Avec l’avance immédiate, le montant déjà déduit apparaît prérempli dans la déclaration de l’année suivante, que le foyer corrige au besoin.
L’avantage résistera-t-il au budget 2027 ?
Rien n’est acquis, mais rien n’est voté. À l’automne 2026, plusieurs députés ont déposé des amendements au projet de loi de finances pour 2027 afin de réduire une dépense que la députée socialiste Christine Pirès Beaune chiffre à 6,1 milliards d’euros en 2024, soit près d’un milliard de plus qu’en 2023. Les députés de La France insoumise, qui s’appuient sur la Cour des comptes, soutiennent que 50 % de l’avantage revient aux 10 % de foyers les plus riches.
Les pistes varient. Les socialistes proposent un taux de 40 % hors garde d’enfants et hors assistance aux personnes âgées, dépendantes ou handicapées, pour 865 millions d’euros d’économie. Charles de Courson (Liot) vise 45 %. Les écologistes préfèrent moduler selon le revenu fiscal de référence : 50 % sous 50 000 €, 25 % jusqu’à 100 000 €, rien au-delà, avec des dérogations pour le handicap.
Les insoumis imaginent une dégressivité plus raide, de 50 % sous 30 000 € de revenu fiscal de référence à 1 % au-dessus de 70 000 €, en prévenant que des foyers très aisés pourraient alors recourir au travail non déclaré. Ils veulent aussi écarter le gardiennage de résidence et réserver coach sportif et livraison de repas aux personnes dépendantes. Côté jardinage, Stella Dupont voudrait ramener le plafond de 5 000 à 2 500 €, Charles de Courson à 3 000 €. À contre-courant, Philippe Brun propose de porter le taux à 80 % pour les familles monoparentales. Faut-il y voir un tournant ? L’automne 2025 avait déjà vu un amendement proposer 10 000 € au lieu de 12 000 €, et le plafond n’a pas bougé.
Pour 2026, les règles en vigueur s’appliquent. Pour la suite, tout dépendra du vote. Dans la proposition socialiste, garde d’enfants et aide aux personnes dépendantes échappent à la baisse de taux, tandis que ménage et jardinage s’y exposent. Mieux vaut donc bâtir un budget annuel sur le crédit actuel en gardant une marge, puisque le texte de 2027 reste à écrire.


