Un réseau de sites d’actus pro-russes et anti-Occident identifié dans une enquête

SociétéUn réseau de sites d'actus pro-russes et anti-Occident identifié dans une enquête

Une enquête d’Insight News fondée sur l’analyse des sites web et des recherches a révélé qu’un réseau de sites d’actus en France et en Allemagne sont interconnectés par des sujets similaires et des récits pro-russes, et par des citations mutuelles et un trafic de visiteurs d’un site à l’autre, comme le montre l’infographie interactive élaborée par la publication.

Les sites web figurant sur la liste présentent différents niveaux de partialité, allant de la critique constante de l’Occident, choisissant uniquement des informations négatives sur l’Ukraine et une couverture positive de la Russie, à la diffusion de fakes russes bien connus et d’une propagande du Kremlin citant les médias russes.

Les sources les plus radicales propagent également des théories du complot mondial, stigmatisent l’Occident et ses dirigeants politiques et prédisent son effondrement. Par exemple, en Europe, en particulier en Allemagne et en France, tout un réseau de sites web s’est développé qui, de diverses manières, soutiennent l’agenda du Kremlin ou diffusent ouvertement la propagande russe et diabolisent les États-Unis, l’UE et l’Occident dans son ensemble.

Presque toutes ces ressources pro-russes publient sur un ensemble standard de sujets : couverture positive de la Russie, justification de son invasion à grande échelle et de sa guerre contre l’Ukraine par la propagande des médias du Kremlin et des informations biaisées. La plupart d’entre elles affirment que la Russie va inévitablement gagner et l’Ukraine subira une défaite.

Afin d’augmenter les chances de succès de Moscou dans la guerre d’agression, les partisans de Poutine critiquent les livraisons d’armes à l’Ukraine, sans lesquelles les envahisseurs russes s’empareraient davantage de territoires de l’Ukraine.

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Simultanément, ces sites critiquent fréquemment les pays occidentaux ainsi que leurs gouvernements respectifs, tout en offrant une couverture positive et en encourageant même les mouvements de protestation en Europe. Les auteurs sur ces sites d’actus accusent l’Occident et l’OTAN d’être responsables de tous les problèmes, diffusent souvent les théories du complot et les opinions de « pseudo-experts » sur le déclin et la chute imminente des États-Unis, de l’Union européenne, etc.

Mais, ils commentent favorablement l’ancien président américain Donald Trump, qui tente de revenir au pouvoir et fait des déclarations controversées favorables au Kremlin.

Pour gagner en crédibilité, ces sites incluent des mots prétentieux dans leurs noms : géopolitique, diplomatie, stratégie, recherche, mondialisation, libertés, nouveau monde, enquête, investigation, infoguerre, politique, réseau mondial, etc. Pour attirer l’attention et inspirer confiance, nombre de ces médias se positionnent comme des sources d’information alternatives tout en critiquant les médias traditionnels, qu’ils accusent d’être biaisés en faveur du gouvernement ou des « mondialistes ».

Pourtant, ils négligent délibérément la partialité de la propagande des médias publics russes qu’ils citent. Le contenu « alternatif » de ces sites consiste généralement en des théories du complot, de la propagande pro-russe alimentant les divisions en France et en Europe.

Notamment, nombre de ces sites soutiennent des partis d’extrême droite, ainsi que des hommes et des femmes politiques d’extrême droite, qui sont tous connus pour leur position pro-russe ou pour leurs déclarations favorables à Poutine. Une autre catégorie de sites web pro-russes a, au contraire, des opinions radicales de gauche et des sentiments communistes (une nostalgie pour l’ancienne Union soviétique, dont l’histoire est remplie d’exécutions massives et de déportations forcées en Sibérie et dans les goulags de tous ceux qui contredisaient la dictature communiste).

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Pour le régime de Poutine, il importe peu qu’un site web ou un politicien soit d’extrême droite ou d’extrême gauche ; l’essentiel pour la Russie est de diffuser ses récits et sa désinformation auprès des audiences européennes. Le Kremlin considère les médias et les hommes politiques des deux camps comme des « idiots utiles ». Ils contribuent à la désinformation et à la division de la société européenne et influencent gratuitement l’opinion publique. Tant qu’ils affaiblissent l’UE et détruisent l’unité de l’Europe, cela convient au Kremlin.

En 2022, après l’invasion russe de l’Ukraine, l’UE a interdit les principaux moyens de propagande du Kremlin, RT et Spoutnik. Mais, Moscou a trouvé un moyen de s’appuyer sur toute une cohorte de sites web complices. En outre, après l’adoption des sanctions contre les médias publics russes, que le président Macron a ouvertement qualifiés d’organes de propagande, des sites d’actus multilingues dont le contenu est presque identique à celui de Russia Today sont apparus en Europe, en particulier en France.

Afin d’identifier facilement les sites web qui publie des documents favorables au Kremlin et diffusent des récits pro-russes, les auteurs ont utilisé des outils d’analyse du web et une analyse sémantique pour identifier ceux qui publient des articles sur des sujets typiques des médias russes. Les sites de propagande utilisent des termes communs ce qui aide à identifier ceux qui sont classés dessus sur Google.

Parallèlement, l’analyse sémantique du contenu des sites web et des mots-clés a permis d’identifier des sites similaires qui sont aussi potentiellement porteurs de récits pro-russes et anti-occidentaux. 

L’étape suivante consistait à identifier les hyperliens entre ces sites web. Les outils Seo qui enregistrent tous les backlinks entre les sites, ainsi que les citations réciproques ont fourni les données nécessaires. Un tri par nombre de liens entre les sites a permis de déterminer quels sites se partagent des citations régulières.

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Un autre moyen d’identifier les sites pro-russes est de voir quelles publications sont appréciées par les médias publics russes, et donc par la machine de propagande du Kremlin. La vérification des liens externes des médias russes (Tass, RT, Ria, Lenta) vers des sites d’actus allemands, français ou internationaux permet d’identifier rapidement les sources citées par les russes pour étayer leurs critiques à l’égard de l’Europe, de la France et de l’Ukraine.

Et, si les trois facteurs sont réunis — les sites web ont un contenu similaire, se classent pour les mêmes termes de discours pro-russe, et se citent mutuellement — il ne fait aucun doute qu’ils partagent des objectifs communs.

Pour s’assurer que ces sites partagent également une audience, cette enquête a utilisé SimilarWeb pour étudier le trafic « referral » entre eux. Comme prévu, les auteurs ont constaté que ces citations ne sont pas pour rien : elles sont suivies par un public pro-russe, eurosceptique, anti-occidental et qui a tendance à croire aux théories du complot. Il y a un trafic constant d’utilisateurs entre les sites du réseau identifié. Et, il ne s’agit pas de cas isolés, ce qui prouve l’exactitude de l’analyse et des conclusions.

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